đ Le carrousel tourne. Le clown apparaĂźt. Lâillusionniste crĂ©e le spectacle.
Observation dâune mĂ©canique rĂ©pĂ©titive.
NOTE LIMINAIRE
Ce texte relate une mĂ©canique rĂ©pĂ©titive, telle quâelle se manifeste dans des situations ordinaires, sur des temporalitĂ©s courtes et rĂ©currentes.
Les faits Ă©voquĂ©s sont volontairement prĂ©sentĂ©s sans interprĂ©tation psychologique, sans attribution dâintention, sans personnalisation.
Ils sont dĂ©crits pour ce quâils sont : des sĂ©quences observables, qui se rĂ©pĂštent, se dĂ©placent, puis reviennent.
Il nâest pas question ici de juger, mais de constater.
Ni de raconter une histoire, mais de décrire un fonctionnement.
Le lecteur est libre dây voir ce quâil veut.
Le texte, lui, se limite Ă regarder ce qui tourne.
I. CE QUI REVIENT
Ce qui frappe dâabord nâest pas la nature des gestes. Câest leur retour.
Les situations changent. Les lieux varient. Les personnes changent parfois. Et pourtant, quelque chose revient.
Pas sous la forme dâun Ă©vĂ©nement net, identifiable, isolĂ©. Mais comme une rĂ©pĂ©tition diffuse, difficile Ă saisir si lâon regarde chaque scĂšne sĂ©parĂ©ment.
Pris individuellement, chaque fait pourrait ĂȘtre attribuĂ© au hasard, Ă la maladresse, Ă lâinattention.
Pris dans leur ensemble, ils dessinent une fréquence.
Ce nâest pas lâintensitĂ© qui fait sens ici.
Câest la rĂ©currence.
Les tentatives surgissent dans des contextes quotidiens.
Elles nâinterrompent pas brutalement.
Elles frĂŽlent. Elles effleurent. Elles cherchent Ă dĂ©vier sans jamais sâassumer comme obstacle.
Ce qui revient nâest pas frontal.
Ce nâest ni une confrontation, ni un empĂȘchement clair.
Câest une prĂ©sence pĂ©riphĂ©rique, insistante, qui apparaĂźt, disparaĂźt, puis revient sous une autre forme.
Ă ce stade, il nây a rien Ă interprĂ©ter.
Seulement Ă noter que le hasard, lorsquâil se rĂ©pĂšte, cesse dâĂȘtre un Ă©vĂ©nement.
Il devient un rythme.
Duchesse a le tournis :
« Ce qui revient sans jamais sâimposer nâest pas un accident.
Câest un mĂ©canisme. »
â Griffes affĂ»tĂ©es dans une patte de velours.
Qui sent parfois la nausée lui monter au nez.
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II. LE DĂPLACEMENT DES REGISTRES
Lorsque la rĂ©pĂ©tition nâobtient aucun effet, elle ne sâintensifie pas. Elle se dĂ©place.
Câest alors quâun registre apparaĂźt.
Il se manifeste plusieurs fois sur un laps de temps court. Puis il sâĂ©puise.
Non parce quâil a produit un rĂ©sultat, mais parce quâil nâen a produit aucun.
Alors un autre registre prend sa place.
Ce mouvement nâobĂ©it pas Ă une progression.
Il ne monte pas en puissance.
Il tourne.
Chaque registre est testé comme une hypothÚse provisoire.
Aucun ne sâinstalle. Aucun ne tient.
Ils ne sâadditionnent pas. Ils se remplacent.
Ce dĂ©placement nâindique ni une adaptation fine, ni une stratĂ©gie Ă©laborĂ©e.
Il signale au contraire une absence de prise durable.
Quand quelque chose fonctionne, il se stabilise.
Quand rien ne fonctionne, on change de forme.
Les registres successifs nâont en commun ni leur contenu, ni leur tonalitĂ©.
Ils partagent une seule caractéristique : leur inefficacité.
Ce nâest pas une escalade.
Câest une rotation.
Et cette rotation, loin de renforcer lâensemble, le fragmente.
à mesure que les registres se succÚdent, la cohérence disparaßt.
Il ne reste quâun enchaĂźnement de tentatives sans direction.
Duchesse consulte ses registres :
« Quand un registre ne produit aucun effet, un autre apparaßt.
Quand aucun ne tient, ils tournent. »
â Griffes affĂ»tĂ©es dans une patte de velours.
Qui sait comment falsifier ses registres personnels.
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III. LE CARROUSEL
à ce stade, la mécanique devient lisible.
Il ne sâagit pas dâune montĂ©e. Il ne sâagit pas dâune confrontation.
Il sâagit dâun carrousel.
Les registres reviennent par cycles.
Ils sâinstallent briĂšvement, saturent lâespace, puis disparaissent, remplacĂ©s par dâautres.
Rien ne sâaccumule. Rien ne progresse.
Le carrousel donne lâillusion du mouvement.
Il tourne, il occupe le regard, il produit du bruit.
Mais il reste strictement Ă la mĂȘme place.
Cette rotation nâest pas une stratĂ©gie.
Câest une compensation.
Lorsquâil nây a plus de trajectoire possible, lâagitation devient un substitut.
On tourne faute dâavancer.
Le carrousel nâinvente rien. Il recycle ce qui a dĂ©jĂ Ă©chouĂ©.
Il remet en circulation des formes usées, convaincu que la répétition finira par produire un effet.
Mais la répétition sans direction ne crée pas de passage.
Elle ne fait que creuser lâusure.
Pendant que le carrousel tourne, le mouvement réel, lui, se situe ailleurs.
Hors du cercle. Hors du bruit.
Duchesse écoute la Valse à mille temps de Jacques Brel :
« Tourner donne lâillusion dâavancer.
La trajectoire, elle, quitte le cercle. »
â Griffes affĂ»tĂ©es dans une patte de velours.
Qui nâhĂ©site pas Ă envoyer valser.
#LesMaximesDeDuchesse đŸ
IV. LâAPPARITION DU CLOWN
Lorsque le carrousel a fait le tour de ses propres limites, un autre registre apparaĂźt.
Ce nâest ni le plus Ă©laborĂ©, ni le plus efficace. Câest le plus pauvre.
Le clown nâentre pas en scĂšne par audace.
Il apparaßt par défaut.
Quand le réel ne cÚde pas, quand la trajectoire ne dévie pas,
quand la répétition ne produit rien,
le registre bascule vers le ridicule.
Le clown nâest pas une figure offensive.
Il nâest pas une stratĂ©gie.
Il est le signe dâun Ă©chec accumulĂ©.
Il tente de rĂ©duire ce quâil ne peut atteindre.
Il caricature ce quâil ne peut inflĂ©chir.
Il force la forme faute de pouvoir agir sur le fond.
Ce déplacement vers le grotesque ne vise pas à convaincre.
Il vise Ă dĂ©valoriser, Ă dĂ©faut dâautre chose.
Ă produire du bruit lĂ oĂč il nây a plus de prise.
Mais le ridicule nâest jamais une rĂ©ponse au mouvement.
Il nâest quâun aveu involontaire :
celui dâun systĂšme qui ne sait plus quoi tenter.
Duchesse nâaime pas les clowns :
« à force de vouloir faire entrer des carrés dans des ronds,
le ridicule apparaßt. »
â Griffes affĂ»tĂ©es dans une patte de velours.
Qui ne participe pas aux jeux de cirque.
#LesMaximesDeDuchesse đŸ
V. CE QUI NE BOUGE PAS
Lorsque mĂȘme le registre du ridicule ne produit plus dâeffet,
il ne reste quâune chose Ă tenter : le spectacle.
Ce qui ne bouge pas ne sâoppose pas frontalement au mouvement.
Il le détourne.
Ă la maniĂšre dâun illusionniste,
il ne crĂ©e pas dâobstacle rĂ©el.
Il crée une mise en scÚne.
Les gestes se multiplient.
Les dĂ©tails prennent de lâimportance.
Lâattention est sollicitĂ©e ailleurs.
Lâillusionniste nâarrĂȘte rien.
Il occupe le regard.
Les blocages répétés ne sont pas des murs.
Ils sont des effets dâoptique, produits par un environnement incapable dâabsorber le mouvement autrement quâen le dramatisant.
Dans un espace vivant, le mouvement se répartit.
Dans un espace figé, il devient visible.
Et ce qui devient visible est aussitÎt traité comme un problÚme.
Ce ne sont donc pas les trajectoires qui provoquent les blocages.
Ce sont les blocages qui rĂ©vĂšlent lâimmobilisme ambiant.
Lâillusion peut fonctionner un temps.
Jusquâau moment oĂč lâon cesse de regarder le tour
pour observer la scĂšne dans son ensemble.
Et lorsquâon regarde lâensemble, une chose apparaĂźt clairement :
rien nâa Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©.
Rien nâa Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©.
Rien nâa rĂ©ellement changĂ©.
Duchesse toujours en mouvement :
« Lâillusion dĂ©tourne le regard.
Le mouvement nâen a pas besoin. »
â Griffes affĂ»tĂ©es dans une patte de velours.
Qui ne cherche le regard de personne.
#LesMaximesDeDuchesse đŸ
NOTE FINALE
Il nây a rien Ă dĂ©fendre tant quâil nây a pas de jugement lĂ©gitime.
Les jugements informels nâont aucune portĂ©e.
Ils produisent du bruit, pas du réel.
Ce texte ne conclut pas. Il constate.
Il décrit une mécanique qui tourne,
des registres qui se déplacent,
un spectacle qui se met en place faute dâautre chose.
Le carrousel peut continuer.
Le clown peut apparaĂźtre.
Lâillusionniste peut agiter la scĂšne.
La trajectoire, elle, ne dĂ©pend dâaucun de ces rĂŽles.
Elle continue.
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